Vendredi 14 septembre 2007 5 14 /09 /Sep /2007 11:45

L’animateur du « Petit rapporteur » et de « l’Ecole des Fans », est décédé à l’âge de 74 ans.

 

 

 

France 2 a annoncé vendredi matin le décès Jacques Martin, qui fut la figure de proue de ses dimanches après-midi, à l’époque où la chaîne s’appelait Antenne 2. L'animateur est décédé vendredi à Biarritz à l'âge de 74 ans. Il y vivait retiré depuis 1998, quand une attaque cérébrale l’avait frappé et laissé partiellement paralysé.

 

 

 

L’emblématique saltimbanque du paysage audiovisuel français n’était sorti de sa retraite qu’en 2003, pour participer à un hommage à son ami Jean Yanne, à l’invitation de Laurent Ruquier, un de ses héritiers actuels, qu’il avait grandement contribué à lancer.

 

 

 

Né à Lyon le 22 juin 1933, Jacques Martin a fait ses débuts sur les planches, abonné aux rôles de jeune premier. A 29 ans, il entre à l'ORTF où il produit des émissions de variétés. Il anime aussi des émissions de radio, à RTL et Europe 1, avec Jean Yanne notamment. Il est également le rédacteur en chef du programme satirique culte « Le Petit Rapporteur », avec Pierre Desproges. 

 

C'est donc sous la houlette de Jacques Martin que Daniel Prevost crée, pour le Petit Rapporteur, un improbable et désormais célèbre reportage dans le village de Montcuq.

 

 

Viennent ensuite ses grandes émissions de variété familiales, notamment « Dimanche Martin » et « L’école des fans » où l’on verra pour la première fois la jeune Vanessa Paradis. Véritable touche-à-tout, Jacques Martin a également été vedette du music-hall, comique, chanteur d’opérette, acteur et réalisateur de cinéma…

 

 

 

Jacques Martin était père de huit enfants, de quatre unions différentes. Avec sa première femme, il a eu deux enfants, David et Elise. Il a ensuite vécu avec la comédienne Danièle Evenou, avec laquelle il a eu deux garçons, Frédéric et Jean-Baptiste. Il avait ensuite épousé Cécilia Ciganer-Albeniz, aujourd'hui Cécilia Sarkozy, avec qui il a eu deux filles, Jeanne-Marie et Judith. Céline, sa dernière femme, qu'il avait épousée en 1992, lui avait donné deux enfants, Juliette et Clovis.

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Vendredi 14 septembre 2007 5 14 /09 /Sep /2007 11:34

L'ancien Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing entre 1976 et 1981 est décédé samedi matin à l'hôpital du Val-de-Grâce, à l'âge de 83 ans. Ses derniers propos sur Papon et le «lobby juif» lui avaient valu des critiques.

 

 

Raymond Barre a accédé brutalement, un jour d’août 1976, à la notoriété. A la télévision, le président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, annonce qu’il vient de nommer Premier ministre «Raymond Barre […] le meilleur économiste de France», en remplacement de Jacques Chirac, démissionnaire. Il avait 52 ans.

 

 

Un peu plus de trente ans plus tard, alors qu’il est retiré de la vie politique, c’est à un épisode moins glorieux que Raymond Barre doit de renouer avec la notoriété. Le 1er mars, sur France Culture, l’ancien Premier ministre affirme ne pas regretter d’avoir fait de Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de la Gironde de 1942 à 1944, condamné en 1997 pour «complicité de crime contre l’humanité», son ministre du Budget.
Interrogé également sur ses propos tenus en 1980 après un attentat contre la synagogue de la rue Copernic, à Paris («Un attentat odieux qui voulait frapper les juifs […] et qui a frappé des Français innocents.»), il dénonce «la campagne faite (alors) par le lobby juif le plus lié à la gauche». Avant de décréter que le numéro 2 du Front national, Bruno Gollnisch, condamné pour propos négationnistes en janvier, était un «homme bien».
L’agrégé d’économie et de droit
Raymond Barre, né le 12 avril 1924 à Saint-Denis-de-la-Réunion, est mort samedi matin à Paris. Il avait été hospitalisé en urgence à la veille de son 83e anniversaire à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, après avoir été transporté depuis Monte-Carlo où il avait été admis pour un malaise. L’ancien Premier ministre souffrait depuis plusieurs années de problèmes rénaux, auxquels s’étaient ajoutées plus récemment des complications cardiaques.
Agrégé de droit et de sciences économiques, Raymond Barre, fils de négociant, entame d’abord une carrière universitaire, mais prend langue assez tôt avec le monde politique. Il devient, de 1959 à 1962, directeur de cabinet du ministre de l’Industrie et du Commerce, Jean-Marcel Jeanneney. Il sera aussi responsable des affaires économiques à la Commission européenne (1967-1973) et membre du Conseil général de la banque de France (1973-1976).
Le Premier ministre de Giscard
En 1976, donc, Chirac rompt avec Giscard, et s’en va fonder le RPR. VGE cherche un Premier ministre au profil moins politique, moins partisan, plus technicien. Ce sera Raymond Barre. Mais le chef de l’Etat a mangé son pain blanc. Les réformes les plus populaires – le droit de vote à 18 ans, la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse –  conduites par Chirac, sont derrière lui.
A Raymond Barre reviendra la part la plus difficile du septennat: gérer les conséquences du premier choc pétrolier, le démarrage de l’inflation à deux chiffres, la montée vers le chômage de masse. La page des Trente Glorieuses se referme, Raymond Barre est aux manettes d’une politique d’austérité. C’est en grande partie pour avoir échoué sur le front de l’emploi que Giscard perdra la présidentielle face à François Mitterrand, le 10 mai 1981.
Sur le plan politique, le Premier ministre devra sans cesse affronter l’hostilité de Jacques Chirac auquel, jusqu’au bout, il vouera une rancune tenace au point d’applaudir parfois avec la gauche, à l’Assemblée nationale.
Le candidat à l’Elysée
Car entre-temps, le virus de la politique a saisi Raymond Barre. En 1978, à l’approche des législatives, il annonce avec un air gourmand, lui qui n’a jamais été élu ni membre d’un parti, qu'il va «aller au charbon». Il se présente à Lyon, dans une circonscription acquise à la droite. Il est élu député, le sera de nouveau en 1981 et sans discontinuer jusqu’en 2002. En 1988, le voilà candidat à la présidentielle, soutenu par l’UDF et les centristes – au premier rang desquels François Bayrou. Il est devancé par Jacques Chirac au premier tour (16,5% des voix, contre 19,9% à son rival).
En 1995, à l’approche de la présidentielle, il fait une nouvelle fois mine d’hésiter: y aller, ou pas? «Je n’exclus rien», assure-t-il. Il n’en fera rien, et préfère se présenter aux élections municipales à Lyon. Il sera élu, avant de laisser, un mandat plus tard, les clefs de la mairie au socialiste Gérard Collomb.
Atypique, indépendant, Raymond Barre fut aussi le pourfendeur d’un «microcosme» – il affectionnait l’expression – auquel il a appartenu avec une forme de délectation pendant un quart de siècle. Il bénéficiait d’une indéfectible image centriste, même quand ses propos étaient un mélange de libéralisme et de conservatisme.
François Mitterrand avait salué en lui un «véritable homme d’Etat». Plus récemment, ses propos sur Maurice Papon, le «lobby juif» et Bruno Gollnisch lui ont surtout valu l’opprobre, y compris de ses anciens proches.

 

 

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Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /Juil /2007 18:58

Michel Serrault, un des acteurs français les plus populaires, a tiré sa révérence. L'acteur aux trois Césars est décédé dimanche soir à l'âge de 79 ans des suites d'une longue maladie. Aussi à l'aise dans le registre dramatique que comique, ce grand nom du cinéma français reste surtout célèbre pour son rôle d'homosexuel excentrique dans "La cage aux folles".

Michel Serrault avait été hospitalisé ces dernières semaines à l'Hôpital américain de Neuilly d'où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire de Honfleur, en Normandie, selon sa famille.

En plus d'un demi-siècle d'une impressionnante carrière, il a joué dans quelque 135 longs métrages (sans parler des téléfilms), sous la direction de Clouzot, Chabrol, Mocky, Lautner, Audiard, Blier, Zidi ou Kassovitz.

Cinq fois nominé, il a obtenu trois Césars : en 1979 pour son plus grand succès, "La cage aux folles" (d'Edouard Molinaro), 1982 pour "Garde à vue" (de Claude Miller) et 1996 pour "Nelly et Monsieur Arnaud" (de Claude Sautet).

Cet homme au physique de monsieur-tout-le-monde et au caractère fougueux, cabotin, provocateur, franc et chaleureux répétait que le principal souci dans son métier était de ne pas ennuyer le spectateur.

Peut-être grâce à cette ambition, il a accumulé une impressionnante galerie de portraits, se glissant avec la même aisance dans la peau de personnages ambigus et dramatiques, du Dr Petiot à Zaza, l'homosexuel excentrique de "La cage aux folles", d'Harpagon à Nestor Burma.

Un clown assez triste dans le fond

Le public n'a longtemps attendu de lui qu'une seule chose: qu'il fasse rire. Mais, comme tous les clowns qu'il prenait d'ailleurs pour modèles, Michel Serrault était dans le fond assez triste. Il se définissait comme "l'âme de Chaplin sur un corps d'apothicaire".

Né le 24 janvier 1928 à Brunoy dans une famille modeste et chrétienne, il entre à 14 ans au petit séminaire. Hésitant entre devenir curé ou clown, il choisit finalement le monde du spectacle.

Il fréquente dès 1949 la fameuse troupe des "Branquignols" de Robert Dhéry et apparaît pour la première fois au cinéma en 1954 dans "Ah! les belles bacchantes!" de Jean Loubignac. Avec son complice et ami Jean Poiret (mort en 1992), il monte un fameux numéro de cabaret qui fait les beaux soirs de l'Alhambra, de Bobino ou de l'Olympia.

Puis, pendant vingt ans, Michel Serrault accumule les rôles plus qu'il ne les choisit véritablement. Les navets, il les appellait "mes exercices de style". "Mes auditions, poursuivait-il, je les ai passées à l'écran".

"La cage aux folles", son succès légendaire joué plus de 1500 fois

Il retrouve Poiret pour "La cage aux folles" (pièce écrite par ce dernier qui fera plus tard l'objet du film) qu'ils jouent plus de 1500 fois. "Il n'était pas question de se vautrer dans une farce épaisse et vulgaire. Nous avons prouvé que l'ennui au théâtre n'était pas un mal nécessaire", disait Serrault. "Combien tu me manques, Jean. Toi, tu as su tout dissimuler sous le rire. Moi, j'y parviens de moins en moins", a-t-il aussi écrit dans un livre de souvenirs.

Au milieu des années 70, ses personnages s'étoffent et on le voit dans des rôles dramatiques comme dans "Pile ou face" (Enrico), "Garde à vue" (Miller), "L'ibis rouge" (Mocky, un de ses grands potes) où il étrangle des femmes. Il dit que jouer "les tordus" l'amuse.

Au théâtre, on le remarque notamment dans "L'Avare" (1986, dirigé par Roger Planchon) et dans "Knock" (1992, mise en scène de Pierre Mondy). "Si on n'a pas d'intention intérieure, les mots ne veulent rien dire. Je voudrais être un passeur, un messager. Je suis contre les acteurs qui se disent ' humbles serviteurs de l'auteur '", disait-il de son métier.

A la télé, entre autres prestations, il campe en 2003 pour TF1 un Gaston Dominici plus vrai que nature.

Ses cheveux devenus tout blancs et sa silhouette davantage arrondie ne l'empêchaient pas d'intéresser de jeunes réalisateurs qui lui ont fait touner "Belphégor" ou "Une hirondelle a fait le printemps".

Avec sa femme Juanita, épousée en 1958, ils ont eu deux filles, l'aînée se tuant en 1977 dans un accident de voiture. N'ayant jamais cessé d'être croyant, il restait fort pudique sur sa vie privée. Il passait beaucoup de temps dans sa propriété du Perche et sa maison de Neuilly-sur-Seine où on pouvait encore récemment le voir, en soirée, promener paisiblement son chien.

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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /Mai /2007 18:46
L'acteur et réalisateur Jean-Claude Brialy est mort mercredi à son domicile à 74 ans des suites d'une longue maladie, a-t-on appris auprès de ses proches.

 

"Avec la disparition de ce grand comédien, ce grand acteur, mais aussi cet entrepreneur, réalisateur, directeur de salle et de festival, disparaît aussi un humaniste gourmand et un mémorialiste inépuisable, une sentinelle de la nuit, de la fête et de la poésie", a déclaré le président de la République Nicolas Sarkozy.

 

Jean-Claude Brialy était né le 30 mars 1933 à Aumale (Algérie). Il avait joué dans une centaine de films au cours d'une carrière qui s'est étendue sur une quarantaine d'années.

 

Il était apparu pour la première fois au cinéma en 1956 dans "Elena et les hommes" de Jean Renoir.

 

Il fut notamment l'interprète de Louis Malle ("Ascenseur pour l'échafaud", 1957, "Les amants", 1958), "Claude Chabrol ("Le beau Serge", 1958, "Les cousins", 1959), François Truffaut ("Les quatre cents coups", 1959), "Eric Rohmer ("Le genou de Claire", 1970).

 

Réalisateur, à la télévision et pour le grand écran, il signa notamment une dizaine de films, dont ""Eglantine" (1971) et "Les volets clos" (1972).

 

Personnalité de la vie mondaine parisienne, il était également le propriétaire d'un théâtre de la capitale, "Les Bouffes parisiens".

 

Il avait tourné son dernier film pour la télévision en 2006, "Monsieur Max" (Gabriel Aghion). Il avait également écrit plusieurs livres de souvenirs à succès "Le ruisseau des singes" (Robert Laffont, 2000) et "J'ai oublié de vous dire" en 2004 (XO éditions).
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 12:09

Gregory Lemarchal

Le jeune chanteur Grégory Lemarchal, vainqueur de la "Star Academy" 2004, est décédé lundi matin 30 avril des suites d'une mucoviscidose, a-t-on appris auprès de son agent, Olivier Hautin.
Le jeune chanteur de 23 ans avait remporté la 4e saison de "Star Academy" sur TF1 et avait déjà publié deux albums. Il avait concouru à l'émission de télé-réalité en faisant état de la pathologie dont il souffrait.

 

c'est moche. 5 points dans le vent en plus.

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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 12:05

JEAN-PIERRE CASSEL

L'acteur français Jean-Pierre Cassel est décédé jeudi à l'âge de 74 ans des "suites d'une longue maladie". Né le 27 octobre 1932 à Paris sous le nom de Jean-Pierre Crochon, Jean-Pierre Cassel, fils d'un médecin et d'une chanteuse d'opéra et père de l'acteur Vincent Cassel, a été découvert par Gene Kelly avant de briller dans les comédies de Philippe de Broca dans les années 1960 ("Les jeux de l'amour", "Le farceur"). Cet amateur de music hall, passionné de comédie musicale, avait aussi tourné avec les plus grands cinéastes, qui lui confiaient souvent des rôles de séduisant séducteur, de Renoir ("Le Caporal épinglé") à Bunuel, en passant par Chabrol, Clair, Losey, Melville ou encore Altman.Mêlant à merveille séduction et ironie, Jean-Pierre Cassel a laissé son empreinte sur des films des années 60 et 70, tels que "L'Armée des ombres" de Melville ou "Le Charme discret de la bourgeoisie" de Buñuel.Dans les années 80 et 90, il s'est fait moins présent au cinéma, lui préférant le petit écran et les planches, mais il a joué dans "Chouans !" avec Broca en 1988 et "La Cérémonie" de Chabrol en 1995. Ces dernières semaines, il était à l'affiche du premier film réalisé par le comédien Roschdy Zem, "Mauvaise foi".Jean-Pierre Cassel sera à l'affiche de quatre films à venir : Le Scaphandre et le papillon de Julian Schnabel, en compétition officielle à Cannes ; J'aurais voulu être danseur d'Alain Berliner, dans lequel il fait montre de ses talents de danseur ; et, aux côtés de son fils Vincent, L'Instinct de mort et L'ennemi public n°1, deux films de Jean-François Richet sur la vie de Mesrine.

 

 

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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 13:49

UNE HÉROÏNE s’éteint, la République pleure : Lucie Aubrac est morte, à 94 ans, dans la nuit de mercredi à jeudi et les hommages, aussitôt, déferlent. Une grande figure de la Résistance vient de disparaître.

Ceux qui l’ont approchée se souviennent d’une femme dotée d’une énergie et d’une audace hors du commun, capable de soulever des montagnes. En réalité, Lucie Aubrac a résisté bien avant 1940. Elle est née avec le gène de la rébellion le 29 juin 1912, au sein d’une famille de mo­destes vignerons du Mâconnais, les Bernard. Comme Colette, autre Bourguignonne illustre, qui exhortait : « Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme », Lucie Aubrac a vécu une vie intense et mouvementée. Dans les années 1930, membre des Jeunesses communistes, elle affiche déjà un courage physique singulier. « Elle faisait le coup de poing contre les ligues d’extrême droite » , relate l’avocat Thierry Marembert qui, des années plus tard, défendra l’intrépide aux côtés de Me Georges Kiejman.

 
Pour l’heure, voici Lucie, agrégée d’histoire, professeur à Strasbourg. Elle y tombe amou­reuse de Raymond Samuel, issu de la bourgeoisie juive et de deux ans son cadet. Ils se marient le 14 décembre 1939, pour ne plus se quitter.
 
Automne 1940. Lucie Samuel rencontre, en zone libre, Emmanuel d’Astier de la Vigerie, à qui elle doit l’élogieux sobriquet de « Madame conscience ». Bientôt, elle sera, avec Raymond, l’une des fondatrices du réseau Libération-sud. « Elle fut une pionnière, atteste l’historien Laurent Douzou (1). Leur organisation de combattants de l’ombre était l’une des plus puissantes ».
 
Le couple est maintenant à Lyon. Elle, volubile, enseigne au lycée de jeunes filles Edgar-Quinet (elle sera révoquée fin 1943 pour gaullisme) ; lui, plus réservé, exerce son métier d’ingénieur. Surtout, ils résistent aux envahisseurs nazis et à leurs complices de Vichy. Le chef de la Gestapo locale est un certain Klaus Barbie, obsédé par la traque des « terroristes ». Raymond Aubrac - l’un de ses noms de guerre - est arrêté une première fois en mars 1943, mais il s’en sort. Les Allemands croient avoir affaire à un gagne-petit du marché noir, ils ignorent, tout comme lui d’ail­leurs, que sa femme, avec un toupet monumental, est allée menacer le procureur de re­présailles au cas où il lui arriverait malheur.
 
En revanche, le coup de filet du 21 juin 1943, à Caluire, est catastrophique : les sbires du Reich, informés par une « ba­lance », interpellent plusieurs chefs de la Résistance, dont l’envoyé du général de Gaulle, Jean Moulin, qui mourra, muet sous la torture.
 
C’est là que Lucie entre dans la légende. Elle avait déjà monté des évasions de juifs ou de patriotes, mais le coup de main orchestré le 21 octobre, pied-de-nez à Barbie-le-boucher, éclipse tout le reste. Raymond est délivré avec d’autres camarades lors d’un transfert. En février 1944, sa femme accouche, à Londres, de leur fille Catherine. À la Libération, elle rejoint Raymond, commissaire de la République à Marseille, avant de regagner Paris pour représenter le Mouvement de libération nationale à l’Assemblée consultative et siéger au jury de la Haute Cour qui juge Philippe Pétain.
 
Résister d’abord, témoigner ensuite, militer – à gauche – toujours. Lucie Aubrac n’aura de cesse d’arpenter le pays. Pour apprendre aux enfants des écoles, dont certaines portent son nom, qu’il existe une désobéissance splendide. Pour soutenir Amnesty International ou les sans-papiers.
 
Voici maintenant Lucie en 1997. Un livre vient de sortir, laissant entendre, sur la base notamment d’un douteux « testament » de Klaus Barbie, que c’est le couple mythique qui a pu donner Jean Moulin à la Gestapo. « Cela les a beaucoup affectés, déplore Laurent Douzou. Mais pour moi, aucun doute : cette thèse ne tient pas ». L’affaire, cependant, fait grand bruit. Pardi : une icône qu’on écorne, le mystère du Judas de Caluire qu’on ravive, la promesse qu’on agite de révélations sulfureuses sur un couple interprété à l’écran par Daniel Auteuil et Carole Bouquet… Du passé, faisons table ronde : un grand jury se réunit dans les locaux de Libération.
 
L’auteur de l’ouvrage, Gérard Chauvy, sera poursuivi en diffamation par les Aubrac. Épaulé par Me Marembert, Me Kiejman les défend. Ils gagnent avec éclat, le jugement du tribunal correctionnel est d’une rare sévérité.
 
« Lucie disait : si on n’avait pas été fous, on n’aurait pas été résistants, se remémore le grand avocat. C’était une femme chaleureuse, tout d’une pièce, qui tutoyait rapidement. Je me souviens de sa bienveillance à l’égard du monde, elle faisait honte aux sceptiques. Avec elle disparaît une partie de nos certitudes ».
 
Sur une photographie fameuse, Lucie et Raymond Aubrac, lumineusement jeunes, sourient. Ils s’aiment et combattent la barbarie.
 
Stéphane Durand-Souffland
 
(1) Auteur de La Désobéissance, Odile Jacob, 1995.
 
UNE HÉROÏNE s’éteint, la République pleure : Lucie Aubrac est morte à 94 ans dans la nuit de mercredi à jeudi et les hommages, aussitôt, déferlent (lire l’encadré). Avec elle, disparaît l’une des dernières grandes figures de la Résistance.
 
Ceux qui l’ont approchée se souviennent d’une femme dotée d’une énergie et d’une audace hors du commun, d’un être capable de soulever des montagnes. En réalité, Lucie Aubrac a résisté bien avant 1940. Elle est née avec le gène de la rébellion le 29 juin 1912, au sein d’une famille de modestes vignerons du mâconnais, les Bernard. Comme Colette, autre bourguignonne illustre qui exhortait : « faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme », Lucie Aubrac a vécu une vie intense et mouvementée. Dans les années 30, membre des Jeunesse communistes, elle affiche déjà un courage physique peu commun. « Elle faisait le coup de poing contre les ligues d’extrême-droite », relate, admiratif, l’avocat Thierry Marembert qui, bien des années plus tard, défendra l’intrépide aux côtés de Me Georges Kiejman.
 
Pour l’heure, voici Lucie, agrégée d’histoire, engagée à gauche, professeur à Strasbourg. Elle y tombe amoureuse de Raymond Samuel, issue de la bourgeoisie juive et de deux ans son cadet. Ils se marient le 14 décembre 1939, pour ne plus jamais se quitter.
 
Automne 1940. Lucie Samuel rencontre, en zone libre, Emmanuel d’Astier de la Vigerie, à qui elle doit l’élogieux sobriquet de «  Madame conscience ». Bientôt, elle sera, avec Raymond, l’une des fondatrices du réseau Libération-sud. « Elle fut, avec son époux, une pionnière, atteste l’historien Laurent Douzou (1). Leur organisation de combattants de l’ombre était l’une des plus puissantes ».
 
Le couple est maintenant à Lyon. Elle, volubile, enseigne au lycée de jeunes filles Edgard-Quinet (elle sera révoquée fin 1943 pour gaullisme) ; lui, plus réservé, exerce son métier d’ingénieur dans une entreprise. Surtout, ils résistent aux envahisseurs nazis et à leurs complices de Vichy. Le chef de la Gestapo locale est un certain Klaus Barbie, obsédé par la traque des « terroristes ». Raymond Aubrac - l’un de ses noms de guerre - est arrêté une première fois en mars 1943, mais il s’en sort. Les Allemands croient avoir affaire à un gagne-petit du marché noir, ils ignorent, tout comme lui d’ailleurs, que sa femme, avec un toupet monumental, est allée menacer le procureur de représailles au cas où il lui arriverait malheur. En revanche, le coup de filet du 21 juin 1943, à Caluire, est catastrophique : les sbires du Reich, informés par un traître, interpellent plusieurs chefs importants de la Résistance, dont Aubrac et l’envoyé du général de Gaulle, Jean Moulin, qui mourra sous la torture.
 
C’est là que Lucie entre dans la légende. Elle avait déjà monté des évasions de juifs ou de patriotes, mais le coup de main orchestré le 21 octobre, pied-de-nez à Barbie-le-boucher, éclipse tout le reste. Raymond est délivré avec d’autres camarades lors d’un transfert. En février 1944, sa femme accouche, à Londres, de leur fille Catherine. A la Libération, elle rejoint Raymond, nommé commissaire de la République à Marseille, avant de regagner Paris pour représenter le Mouvement de libération nationale à l’Assemblée consultative et siéger au jury de la Haute cour qui juge Philippe Pétain.
 
Résister d’abord, témoigner ensuite, militer - à gauche - toujours. Lucie Aubrac n’aura de cesse d’arpenter le pays. Pour apprendre aux enfants des écoles qu’il existe une désobéissance splendide. Pour soutenir Amnesty international ou les sans-papiers.
 
Voici maintenant Lucie en 1997. A 85 ans, le même port de tête hiératique, la gouaille de titi, une aristocrate qui trinquerait au zinc « autour d’un ballon de rouge et d’un saucisson-beurre », selon Thierry Marembert. Un livre vient de sortir dans la foulée d’un film par trop hagiographique de Claude Berri, laissant entendre, sur la base notamment d’un douteux « testament » de Klaus Barbie, que c’est le couple mythique qui a pu donner Jean Moulin à la Gestapo. « Cela les a beaucoup affectés, se souvient Laurent Douzou. Mais pour moi, aucun doute : cette thèse ne tient pas ». L’affaire, cependant, fait grand bruit. Pardi : une icône qu’on écorne, le mystère du Judas de Caluire qu’on ravive, la promesse qu’on agite de révélations sulfureuses sur un couple interprété à l’écran par Daniel Auteuil et Carole Bouquet… Du passé, faisons table ronde : une sorte de grand jury se réunit dans les locaux de Libération, oubliant sans doute - un comble - l’aphorisme de Marc Bloch : « La manie du jugement est le satanique ennemi de la véritable histoire ».
 
Puis, l’auteur de l’ouvrage, Gérard Chauvy, sera poursuivi en diffamation par les Aubrac. Épaulé par Me Marembert, Me Kiejman les défend. Ils gagnent avec éclat, le jugement du tribunal correctionnel est d’une rare sévérité, les dommages et intérêts sont fixés à 61 000€. « Lucie disait : si on n’avait pas été fous, on n’aurait pas été résistants, mais elle était tout sauf folle, se remémore le grand avocat. C’était une femme chaleureuse, tout d’une pièce, qui tutoyait rapidement. Je me souviens de sa bienveillance à l’égard du monde, elle faisait honte aux sceptiques. Avec elle, disparaît une partie de nos certitudes ».
 
Lucie Aubrac vit encore, à travers Raymond. Il existe une photographie d’eux fameuse, prise dans les années 40. Ils sont côte à côte. Ils sourient. Ils s’aiment et ils se battent contre la barbarie. Les héros ne meurent jamais, surtout quand, à deux, ils se tiennent la main. 
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Vendredi 9 mars 2007 5 09 /03 /Mars /2007 19:09
Le sociologue et philosophe Jean Baudrillard, mort mardi à Paris à l'âge de 77 ans des suites d'une longue maladie, a porté pendant 40 ans un regard féroce sur la société de consommation, dont il a dénoncé l'insignifiance et prophétisé le déclin.Issu de la mouvance de mai 1968, ce penseur de renommée internationale, et également photographe à l'oeuvre reconnue, a élaboré une critique radicale des médias, baignée d'humour noir et d'un pessimisme joyeux qu'il a instillé dans une cinquantaine de livres.

 

Né le 20 juillet 1929 à Reims, germaniste de formation et traducteur de Brecht, proche des situationnistes de Guy Debord dans les années 1960, Jean Baudrillard enseigne la sociologie à partir de 1966 à l'Université de Nanterre.

 

"Compte tenu de mes diplômes, je n'avais pas le choix. En 1965, la sociologie était la seule discipline qui restait ouverte. Au début, j'étais obligé d'apprendre au fur et à mesure ce que je devais enseigner à mes élèves", expliquait-il. En 1968 parait son premier livre de sociologie, "Le système des objets", suivi en 1970 de "La société de consommation".

 

Jean Baudrillard s'éloigne ensuite du marxisme et poursuit ses recherches en franc-tireur. "Les masses" ne sont plus pour lui les victimes de l'ordre social, mais les complices de cet ordre qui les enrichit, à cette époque des trente glorieuses finissantes.

 

Visage rond derrière de fortes lunettes, il tourne alors en dérision la prétention de la gauche unie de changer la vie et celle des intellectuels de peser sur les choix politiques. Sa philosophie, fondée sur la critique de la pensée scientifique traditionnelle, développe des idées fondées sur la simulation et la séduction.

 

"Intellectuel dégagé", pour les uns, "fossoyeur des utopies" pour les autres, Baudrillard est un penseur inclassable, devenu suspect à gauche, capable d'exhumer la pensée réactionnaire du philosophe Joseph de Maistre dans "La transparence du mal" (1990).

 

"Il faut vivre en intelligence avec le système et en révolte contre ses conséquences. Il faut vivre avec l'idée que nous avons survécu au pire", soutient-il alors.

 

Ce style cinglant, fait d'aphorismes parfois hermétiques, devient sa marque de fabrique. "Ce que j'écrirai aura de moins en moins de chance d'être compris. Mais ça, c'est mon problème. Je suis dans une logique de défi", prévient-il.

 

En 1986, un voyage aux Etats-Unis, dont il rentre subjugué, lui inspire "Amérique", feu d'artifice d'images et de traits philosophiques : "L'Amérique est la version originale de la modernité, nous en sommes la version doublée et sous-titrée"... "L'Amérique, c'est l'utopie réalisée".

 

Fuyant les médias qu'il s'évertue à décortiquer, il consacre en 2001 dans Libération plusieurs chroniques à l'émission "Loft Story", "laboratoire d'une convivialité de synthèse, d'une sociabilité télégéniquement modifiée".

 

Mais Baudrillard s'intéresse à tout ce qui fait l'actualité et les attentats du 11 septembre lui inspirent "Requiem pour les Twins Towers" l'année suivante.

 

Considéré tour à tour comme un nihiliste ou un moraliste, il a souvent été vivement critiqué. "En fin de compte, on peut se demander ce qu'il resterait de la pensée de Baudrillard si l'on retirait tout le vernis qui la recouvre", écrivaient ainsi en 1997 Alan Sokal et Jean Bricmont dans "Les impostures intellectuelles".

 

Jean Baudrillard se voyait lui en résistant. "La lâcheté intellectuelle, soutenait-il, est devenue la véritable discipline olympique de notre temps".

 

Par mademoiselle aubergine - Publié dans : Morts de l'année
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Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 18:18

Petit récapitulatif des morts récentes les plus connues:

 

-Bezu

L'humoriste André Bézu, 63 ans, a été découvert mort mercredi soir dans son appartement, a indiqué jeudi à l'AFP l'un de ses proches, Jean-Claude Ramondenc.
Selon Jean-Claude Ramondenc, le décès, dû à des causes naturelles, remontait au samedi 3 février. André Bézu, interprète de chansons populaires, était surtout connu pour sa participation à une émission de France 3, "La classe", animée par Fabrice (François Fabrice Simon-Bessy) de 1987 à 1994. Il avait notamment lancé dans cette émission le refrain à succès "A la queuleuleu" (1987).
Il avait créé un groupe baptisé "Le Grand Saint Germain", qui avait notamment interprété "Ali Baba" et "Moi vouloir du couscous".
Il avait débuté comme attaché de presse de Louis de Funès et des Charlots. (AFP)

- anna nicole smith

La célèbre et controversée starlette américaine est décédée jeudi, à l'âge de 39 ans, dans des circonstances floues. L'ex-playmate, mannequin et actrice a été retrouvée inconsciente jeudi en début d'après-midi dans sa chambre d?hôtel, en Floride. Les causes de la mort seront déterminés par un examen médical prévu vendredi. Le décès de la starlette, blonde platine à la silhouette généreuse, intervient cinq mois seulement après la mort de son fils aîné Daniel, 20 ans, terrassé par un cocktail de médicaments. Anna Nicole Smith laisse derrière elle une petite fille de cinq mois, Dannielynn, née le 7 septembre dernier. 

La pulpeuse starlette s'était rendue célèbre en épousant en 1994 J. Howard Marshall, un milliardaire du pétrole de 63 ans son aîné qu'elle avait rencontré dans un club de strip-tease. Elle s'était ensuite lancée dans une bataille judiciaire jusque devant la Cour suprême pour défendre l'héritage de son mari décédé à l'âge de 90 ans, 14 mois après leur mariage. La décision est toujours en appel et devrait donc concerner la petite Dannielynn, unique descendante survivante d?Anna Nicole Smith.
Photo Balce Ceneta/AP

- Maurice Papon

«Maurice Papon est mort à 96 ans (biographie jugée inutile).

 

- Jean-François Burgelin

Jean-François Burgelin, ancien procureur général près la Cour de cassation, est mort samedi à l'âge de 70 ans des suites d'une longue maladie.
Né le 17 décembre 1936, M. Burgelin a « consacré sa vie au service de la justice. Sa disparition plonge dans l'affliction la famille judiciaire et tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître et d'apprécier sa très grande humanité », a déclaré M. Nadal, actuel procureur général, dans un communiqué. Jean-François Burgelin a occupé des fonctions aussi diverses que prestigieuses.
Nommé secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature en 1970, il fut par la suite le premier directeur de l'École nationale de la magistrature à être issu lui-même de l'école. C'est en juillet 1996 qu'il est nommé procureur général près la Cour de cassation, fonction qu'il exercera jusqu'en octobre 2004.

Par mademoiselle aubergine - Publié dans : Morts de l'année
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Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /Jan /2007 17:27

 

 

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Par mademoiselle aubergine - Publié dans : Tableaux
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